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Questions à Jonathan LERE sur sa rencontre avec Mumia

2017/05/29

 

MumiaLibertadVous avez récemment rendu visite à Mumia avec une délégation française (*). S’agissant d’une première pour vous, quelles sont vos impressions après cette rencontre ?

D’abord réussir à passer le hall d’accueil de la prison. On nous a avertis la veille que je pouvais le rencontrer. J’étais sur la liste ! Mais pour tout avouer, je m’étais fait à l’idée que j’allais être interdit de visite. Les gardiens sont imprévisibles. Et non ! Je franchis enfin le sas qui nous sépare de la salle de visite. Vous imaginez ma surprise et mon enthousiasme. Après le franchissement d’un long couloir et de plusieurs sas, nous arrivons dans la salle de visite. Plusieurs prisonniers sont là, entourés de leur famille, et Monsieur Mumia arrive ! C’est très étrange comme première impression. Je vais enfin rencontrer physiquement la personne pour qui je milite depuis six ans. Je sais que c’est un « privilège ». Mais d’un autre côté, j’ai le sentiment de le connaître. Mumia est un homme très chaleureux et le contact se fait aisément malgré mon anglais hésitant.

Quels ont été les sujets de discussion avec lui ?

Plusieurs, mais nous sommes dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle française et Mumia est un féru de politique internationale. Il nous demande notre ressenti sur les candidats et l’état d’esprit des français. Puis nous parlons de Trump et de la politique américaine. Les sujets évoqués sont variés. Il nous apprend que la bibliothèque de la prison possède des exemplaires de ses livres. Quelle ironie ! Il profite de cet échange pour nous dire qu’il travaille à la sortie d’un prochain livre. Et il nous parle bien sûr de son état de santé …

Confirmez-vous que son état de santé est en amélioration ? 

Nettement ! Ses problèmes de peau ont quasiment disparu. Il a pris du poids. On le sent en forme. De plus, il est très réactif, vif et blagueur, lors des conversations. « I’m still alive » (je suis toujours en vie) s’exclame-t-il rieur ! Il n’a rien à voir avec le Mumia de la photo figurant sur les cartes-pétitions. D’ailleurs, nous finissons la visite par la traditionnelle photo qui vous permet d’en juger (pièce jointe). Le sourire affiché sur son visage veut tout dire. De plus, il nous explique que pour la première fois la justice est de son côté. Il se veut très positif sur son traitement en cours. « Avoir un bon état d’esprit, ça aide pour lutter contre la maladie », nous dit-il.

Pourriez-vous nous dire ce qui vous a amené à vous engager dans le combat pour la libération de cet homme ?

En 2011, je suis allé voir le film « In prison my whole life / Toute ma vie en prison » de Marc Evans à l’occasion d’une soirée débat organisée par le collectif de Tours de soutien à Mumia. J’ai pris une vraie claque. En sortant de la salle, je n’avais qu’une seule idée : donner un coup de main au collectif français pour faire connaître l’histoire de cet homme. Je voulais participer à ce combat. J’ai rencontré Claude Guillaumaud-Pujol qui animait le débat et tout a commencé là. Les Etats-Unis ont toujours été un pays qui m’a fasciné pour son ambivalence. A travers l’histoire de Mumia et celle des Move (http://mumiabujamal.com/v2/on-a-move/) que j’ai découvert plus tard, on voyage dans l’histoire contemporaine des Etats-Unis. Une histoire passionnante comme effrayante. Aujourd’hui, je mets mes compétences au service de la communication du collectif français « LIBERONS MUMIA ! » et j’anime le collectif de soutien d’Indre et Loire. L’objectif est de faire reconnaître l’innocence de Mumia et d’obtenir sa libération.

(*) Claude Guillaumaud-Pujol (Just Justice), Jacky Hortaut (Cgt) et Jonathan Lère (animateur du Collectif Mumia d’Indre et Loire)

Informations diverses

>> La 15ème assemblée générale de la Coalition Mondiale contre la peine de mort aura lieu à Washington du 22 au 24 juin. Claude Guillaumaud-Pujol y représentera le Collectif français « LIBERONS MUMIA ! ».

>> La 15ème journée mondiale contre la peine de mort (10 octobre) aura cette année pour thème : Pauvreté et justice, un duo mortel !

>> Arkansas (USA) : comme vous le savez (nos infos précédentes) 4 hommes ont été exécutés dans un délai inédit et terrifiant de quelques jours parce que le produit pour mettre à mort les condamnés avait une date de péremption qui arrivait à son terme ! 4 autres détenus devaient être exécutés. Mais la mobilisation internationale rapide et massive a fait reculer les autorités. Le combat contre la peine de mort ne souffre d’aucun relâchement, aucune pause, c’est un combat permanent ! Car en dépit de la progression du nombre de pays abolitionnistes, le nombre de condamnés exécutés est aujourd’hui plus élevé que dans les années 2000. Autre inquiétude : 3.117 nouvelles condamnations à mort (hors Chine car les statistiques ne sont pas publiques) ont été prononcées en 2016 dans 55 pays (source Amnesty International).

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